Réseaux sociaux, applis de rencontre, soirées célibataires… Pourquoi rencontrons-nous autant de difficultés à « trouver » un partenaire et se mettre en couple à notre époque ?
- Coline GUINARD
- il y a 3 jours
- 7 min de lecture
A l’air du digital et de la prolifération des applis de rencontres, on n’a jamais eu autant d’outils pour rencontrer des gens… et pourtant, beaucoup des personnes que je reçois en consultation me confient se sentir plus seules que jamais.
Applications, réseaux sociaux, soirées, événements : les opportunités semblent infinies.
Alors pourquoi est-ce devenu si compliqué de créer une vraie relation, durable, saine et épanouissante ?

Dans mon cabinet, les questions liées aux difficultés de faire une rencontre revient souvent, quel que soit l’âge de mon patient : « Je ne rencontre personne », « Je tombe toujours sur des personnes indisponibles », « J’ai l’impression que plus personne ne veut s’engager ». Le désir de se mettre en couple est bien présent, mais les difficultés rencontrées pour se connecter avec LA personne est le mal du moment. Face à la montée de l’individualisme, et par conséquent du désengagement relationnel, de nouveaux schémas émergent. Les difficultés à créer des liens amoureux aussi.
Et si ces difficultés étaient le reflet de notre époque, autant que de nos histoires personnelles ?
Trop de choix… tue le choix
Les applications de rencontre ont bouleversé notre manière de créer du lien. Elles donnent accès à un catalogue immense de profils, limite sans fin, et cela peut être grisant au début. Le champ des possibles ouvert devant nous est excitant. On se dit que la personne idéale est sans doute là, quelque part dans cette masse de profils ; on est finalement à quelques matchs de la rencontrer et de vivre (enfin !) cette belle relation dont on rêve. Seulement, le conte de fée n’est pas si simple.
Cette abondance a un effet pervers : On devient plus exigeant, plus méfiant, et parfois moins impliqué.
- On s’arrête à des détails, on recherche toujours plus et davantage la personne qui correspondrait à notre idéal : celui / celle que nous avons dans notre esprit et qui est, justement, le fruit de nos espoirs et de notre imagination. Ce fruit qui s’appelle « fantasme ». Qui, par définition, n’existe pas dans la réalité !
- On devient plus méfiant : méfiant face aux faux profils, méfiant face aux dates dans lesquels on s’implique émotionnellement et énergétiquement pour au final, avoir le même résultat : être déçu(e), ne pas avoir de nouvelles ou de suite donnée à la rencontre, ne pas avoir de feeling, ne pas être sur la même longueur d’onde… Méfiant de se sentir « utilisé(e) » par cette (énième ?) personne face à nous qui n’est en réalité pas si disponible qu’elle le disait… et j’en passe. On devient méfiant également par rapport à notre image et ce qu’on renvoie, et cela peut nous faire perdre confiance en nous-même.
- On s’implique de moins en moins car, comme dit précédemment, rencontrer, dater, demande de l’énergie. Du temps. Un certain engagement émotionnel. Et face aux échecs réguliers, cela devient fatigant. C’est ce qu’on appelle le dating fatigue. Du coup, même si l’envie était présente de base et qu’on pense en avoir encore, l’ennui produit par la déception prend de plus en plus de place. L’excitation des rencontres laisse place à un mélange de déception et de fatigue qui conduisent à un manque grandissant d’implication dans les rencontres. La lassitude s’installe.
De fait, beaucoup développent ce que j’appelle le “syndrome de la recherche de la personne parfaite” et swipe toujours plus sur la gauche (l’effet du « next ») : on a inconsciemment l’idée qu’il y aura toujours quelqu’un de mieux juste après. Résultat ? On ne prend plus vraiment le temps de découvrir l’autre comme on pourrait le faire lors d’une rencontre « naturelle », d’accepter ses imperfections qui font qu’il/elle est unique, et de construire progressivement une intimité. L’effet catalogue nous fait vite perdre de vue ce que nous sommes vraiment : des êtres d’émotions, parfaitement imparfaits. C’est là qu’est toute notre richesse.
La peur de l’engagement
Notre société valorise l’indépendance, l’autonomie, la liberté. Ce sont de belles valeurs, mais elles peuvent entrer en conflit avec ce qu’implique une relation de couple : compromis (on ne peut pas toujours être d’accord sur tout !), vulnérabilité (on se montre tel(le) que l’on est avec ses imperfections, ses défauts, ses peurs, ses traumas…), interdépendance (partage des charges, rôles parentaux, finances, sentiments…).
S’engager, c’est accepter de ne pas tout contrôler. C’est prendre le risque d’être déçu(e), blessé(e), quitté(e). Beaucoup préfèrent alors des relations légères, des situations floues, des liens sans étiquette, qui donnent l’illusion de la proximité sans en affronter les enjeux (bonjour les situationship). Bref, là encore, on prend le chemin de la fuite par « peur » d’être déçu(e) plutôt que de choisir le chemin qui mène sur la construction d’une relation et le travail qui s’en suit de la faire vivre et la consolider dans le temps.
Des attentes très élevées envers le couple
On ne cherche plus seulement un partenaire : on cherche un meilleur ami, un amant passionné, un confident, un coéquipier de vie, parfois même un thérapeute personnel. Bref, là encore, on met sur notre partenaire, bien avant d’être en couple avec ou de l’avoir rencontré, beaucoup d’attentes et de pression. Alors qu’un couple, c’est deux personnes. Deux personnes qui se choisissent mutuellement et prennent la décision de former un duo, de faire équipe et d’avancer ensemble dans une même direction : celle d’une vie commune en se choisissant l’un l’autre à chaque instant et en toutes conditions.
Le couple moderne doit tout apporter : excitation, sécurité, épanouissement personnel, bonheur sexuel, projets communs… Cette pression rend la rencontre plus anxiogène. À la moindre difficulté, on doute : « Est-ce vraiment la bonne personne ? ». Notre société romantise la relation de couple, en nous faisant croire que ce doit être facile (tout le temps). Qu’elle doit se pérenniser seule car « c’est comme ça ». Non. Le couple, aussi bien que l’amour, s’entretienent. Ça se travaille. Ça demande de l’implication, de l’énergie, de l’investissement et une bonne dose de motivation !
Faire couple est donc un choix. Et tout choix implique des responsabilités.
Des blessures passées qui freinent la rencontre
Derrière la difficulté à se mettre en couple, il y a souvent une histoire, faite d’expériences personnelles plus ou moins réussies, et aussi de traumatismes : une rupture mal digérée, une trahison, un manque de confiance en soi, des schémas familiaux compliqués…
Ces expériences laissent des traces invisibles. Elles influencent nos choix, nos attirances, notre manière d’entrer en relation. On peut, sans s’en rendre compte, répéter les mêmes scénarios ou éviter toute intimité par peur de souffrir à nouveau. Seulement, la peur et les blessures forment une cage qui nous enferme et nous empêche de vivre réellement et entièrement des moments qui pourraient être beaux et plein de confiance. Parce qu’on ne sait jamais ce qui nous attend, il faut essayer et ajuster au fur et à mesure.
Une communication de plus en plus virtuelle
Les débuts de relation se jouent aujourd’hui derrière des écrans. Les échanges sont rapides, parfois superficiels, et la vraie rencontre – celle des corps, des regards, des silences – arrive tard. Ce qui veut dire que nous nous sommes, malgré nous, déjà fait une image mentale de la personne sans la connaître. Quand arrive le moment de confronter cette image mentale avec la réalité, ça peut faire de la casse. Le retour sur terre peut être brutal et on retombe dans un schéma de déception.
Or, le désir et l’attachement ont besoin de temps réel, de spontanéité, de sensations. Beaucoup me disent : « Par message c’était super, et en vrai… rien. » Parce que le lien ne se construit pas seulement avec des mots, mais avec une présence. La vraie vie se vit en dehors des écrans, en face à face. Pas dans la bulle de l’imaginaire créée par le monde digital.
Et si le problème n’était pas “toi” ?
J’entends tellement de personnes se dévaloriser et qui me disent :« Je dois avoir un problème », « Je ne suis pas assez bien », « Je fais fuir les autres ». NON. Vous êtes qui vous êtes et vous êtes assez pour la personne qui vous correspond. On ne correspond pas à tout le monde. Encore heureux ! Comme on dit, plaire à tout le monde c’est finalement plaire à personne. Donc soyez vous-même, soyez vrai, soyez authentique !
Rencontrer quelqu’un aujourd’hui demande à la fois de la patience, de la lucidité, et un vrai travail sur soi : comprendre ses besoins, ses limites, ses peurs, mais aussi ce que l’on attend réellement d’une relation. Il s’agit donc de bien se connaître et de fixer (à soi et aux autres) ses limites. Car plus nous sommes en adéquation avec nos valeurs, plus on défend nos limites et plus on écrème nos rencontres pour se rapprocher des personnes qui nous correspondent le plus. Ce qui signifie aussi qu’on laisse davantage de place aux personnes qui se retrouvent dans nos valeurs et notre énergie pour pouvoir se connecter à nous. Mais cela demande du temps, de l’abnégation et de la patience.
Se mettre en couple pour ne pas être seul(e) est facile. C’est se mettre en couple avec une personne qui nous correspond et à qui on correspond, qui partage des valeurs et projets similaires aux nôtres, qui est plus difficile à trouver. Mais elle est là. Il faut savoir prendre le temps et surtout faire de la place dans sa tête, dans son cœur et dans sa vie, pour lui permettre de se faire une place à nos côtés.
Se mettre en couple, ça s’apprend
Aimer n’est pas seulement une question de hasard. C’est aussi une compétence relationnelle : savoir se connaître, oser se montrer tel(le) que l’on est, accepter l’imperfection (la sienne et celle de l’autre), apprendre à créer un lien sécurisant (malgré nos traumas).
En consultation, je travaille souvent sur ces dimensions : sortir des schémas répétitifs, retrouver confiance, clarifier ses attentes, réapprendre à écouter son corps, son cœur et ses émotions.
Parce qu’au fond, la vraie question n’est pas seulement : « Comment rencontrer quelqu’un ? » mais plutôt : « Comment être prêt(e) à vivre une relation qui me corresponde vraiment ? ».
C.G.
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Et si nous en parlions ? Je suis Coline, sexothérapeute, passionnée par l'humain et experte en communication. Ma vocation ? Vous aider et vous accompagner à dépasser vos problématiques et questionnements intimes et relationnels. Vous n'êtes pas seul(e), je suis là pour vous.



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